
Le choix du paillis dépend aussi et surtout de ce qu'on a à disposition dans son propre jardin, si on veut exclusivement des feuilles mortes par exemple , il en faut des quantités énormes, et c'est pas toujours évident de se procurer un semi-remorque de feuilles mortes.
Pour nourrir les nombreux auxiliaires du sol, il est exact que moins on broie, plus cela profitera à ces auxiliaires, et donc plus le sol en profitera.
De même, il ne faut pas confondre fertilité et fertilisation, un sol fertile est un sol bien structuré, grumeleux avec un taux de MO conséquent (5% idéalement) tandis que la fertilisation est l'apport d'engrais. Ainsi, les tontes de pelouse vont fertiliser le sol, tout comme le foin qui a un rapport C/N bien trop faible (même si j'emploie ce matériau), ces derniers matériaux ne vont pas malheureusement augmenter la fertilité du sol.
L'agriculture durable de demain respectueuse de l'environnement, du réchauffement climatique et auto suffisante en engrais sera basée nécessairement sur des cultures en semis direct (pour les graminées et les légumineuses) avec des cultures intercalaires ou intégrées produisant beaucoup de biomasse carbonatée, à ce stade, il faut bien comprendre que l'azote, on s'en fout (c'est là la révolution dans la compréhension des mécanismes du vivant). En effet, sans entrer trop dans les détails, tout être vivant aérobie (donc y compris nous), nous respirons de l'azote (il constitue 80% de l'air que nous respirons) même si cet azote n'entre pas dans notre métabolisme, on va toutefois en retrouver une partie non négligeable dans nos excréments.
Ainsi, on estime que la production de nitrates apportée par l'ingestion des vers de terre, bactéries,..est un multiple du taux de carbone apportée par le paillis * 6, le taux de carbone étant alors divisé par 3 lors de la digestion et l'excrétion.
Le carbone non digéré, les excréments et les "colles" typiques de tout excrément qui se respecte vont constituer ce sol "couscous "
Ce sol couscous qui en s'améliorant d'année en année va augmenter sa capacité de rétention d'eau, sachant que la première réserve d'eau qu'on a.
Si ce schéma n'est pas transposable idéalement dans nos potagers, puisqu'on a d'autres ressources à valoriser et des espaces plus petits à gérer, il est important malgré tout d'en connaître les principes !